Symbole de la portée :

Dates semestrielles : du 28 décembre au 13 janvier
Prononciation : ay-haz
Galdr : eih-eihwa
Eihwaz (lit. « if ») : Mort. Eihwaz est la treizième rune. Cette portée indique traditionnellement la mort. Il arrive à la fin de quelque chose, annonçant une transformation. Le changement qui est demandé est celui vers le Vrai Soi. Cette rune implique un coin qui doit être franchi. La vie nous a tellement guidés que nous ne pouvons pas revenir en arrière ; nous ne pouvons qu’avancer. Pourtant, le chemin est bloqué par un coin que nous ne pouvons pas voir. L’élément de ne pas savoir ce qui va suivre est fort avec cette rune, ce qui explique en partie pourquoi elle est associée à la mort. Cela présente une tension terrible. Dans le même sens, « ne pas savoir » peut aussi être assimilé à la foi.
Freya Aswynn a relié les origines de cet arbre runique à l’Yggdrasil, puis au système des chakras.1 Historiquement, il est référencé comme un if. Parce qu’il est toxique, l’if était souvent utilisé pour fabriquer des flèches de défense. Considéré comme le pont entre l’illumination et la mort, c’est véritablement le médicament qui, s’il est mal administré, peut tuer. Je vois cette connexion à travers les implications d’épreuve de la portée. Odin a escaladé et accroché à Yggdrasil pour apprendre les mystères du Multivers : les runes. Lorsque nous lisons l’épreuve d’Odin, c’est toujours dans une phrase claire et nette : « Odin est resté suspendu à l’Arbre du Monde pendant neuf jours et a appris les runes. » Mais qu’est-ce que cela dit réellement sur ce qu’il a vécu et ce qu’il a fait ? Que raconte-t-il de son expérience ? C’était peut-être horrible. C’était peut-être fantastique. C’était probablement les deux.
Les expériences corporelles extrêmes visant à modifier l’esprit, connues sous le nom de chemin d’épreuve, occupent une place importante dans l’étude des runes. Dans la culture occidentale, nous ne parlons pas beaucoup de sacrifice pour la vérité de soi, mais quand avons-nous déjà fait un grand pas en avant sans épreuve ? Avec l’association d’Eihwaz comme système de chakra, l’if venimeux et l’affirmation d’Odin dans l’Ancien Edda selon laquelle il s’est sacrifié à lui-même, une nouvelle lumière est jetée sur l’épreuve et l’éveil de la force vitale. L’épreuve vécue par Odin ne lui est pas arrivée par hasard. Il l’a cherché. Il l’a créé et, à travers ce traumatisme, il s’est laissé modifier à jamais. Ce qu’il a changé en lui-même a amené les runes dans la conscience humaine. Il s’est initié à une sagesse plus profonde afin de pouvoir servir sa communauté.
L’idée de souffrir – une souffrance auto-créée, rien de moins – pour prendre conscience fait grincer des dents la plupart d’entre nous. Pourtant, beaucoup d’entre nous sont en proie à une épreuve sans lui accorder le mérite d’être ce qu’elle est. Eihwaz visite avec initiation et nous dicte d’aller jusqu’au bout. Une initiation inachevée est une crise – le SSPT, pour être plus précis. Lorsque l’initiation n’est pas terminée, le Vrai Soi n’est pas engagé ; sa sagesse ne peut donc pas être transmise à la communauté. Le message est le suivant : réalisez quel fardeau est porté, laissez-le partir et passez à autre chose.

Avec Eihwaz, nous ne pouvons pas voir notre Vrai Soi et rester les mêmes. L’accent de cette portée est mis sur la continuité. Cela exige que nous identifiions ce dont nous avons le plus besoin et que nous sacrifiions ce que nous devons pour être sûrs de l’avoir, pour garantir que nous le devenons. Eihwaz est l’image miroir de soi que nous ne pouvons pas regarder directement, mais c’est le soi avec lequel nous désirons le plus profondément entrer en contact. Grâce à Eihwaz, nous apprenons que nous ne sommes pas nos extrêmes mais plutôt un équilibre entre, un point de pouvoir que nous voulons atteindre sans réaliser que nous en sommes déjà le centre.
Nous ne pouvons pas rester dans l’Arbre du Monde. Nous ne pouvons pas rester en extase. Le but du voyage n’est pas la gloire de découvrir l’arbre mais de ramener l’expérience à la maison, à vivre au quotidien. Eihwaz est véritablement une transformation du genre « descendez de la croix, nous avons besoin du bois ».
Eihwaz ne peut pas être inversé.
Son défi est d’accueillir le Vrai Soi et de s’y tenir de manière continue.